|
Le transept
L'intérieur
:
|
"Le
transept appartient aux deux campagnes de construction : sa partie
occidentale fut bâtie en même temps que la nef, tandis
que tout le reste date de la seconde campagne, qui occupe le deuxième
tiers du XIIIè siècle. A cette époque, on remania
les parties de la construction précédente, notamment
les piles de la croisée; enfin au XIVè siècle
d'importantes réparations ont eu lieu au croisillon sud."(P.
Colmet-Daage**). Mais l'ensemble reste très homogène. |
"Les
croisillons, profonds de deux travées, comportent la même
élévation à trois étages que la nef,
sauf dans la partie orientale de la première travée,
s'ouvrant sur le grand déambulatoire, et ayant par la suite
la même élévation à deux étages
que le choeur." |
arcade
du transept vers le déambulatoire
|
Remarquer
que, dans le bras nord du transept, la profondeur
semble moins grande qu'au sud, parce qu'un mur aveugle au-dessous
des grandes fenêtres dissimule la sacristie surmontée
de la salle capitulaire, mais en fait les deux transepts ont la
même dimension et le plan de la cathédrale (à
voir) est bien une croix.
La
grande arcade qui marque l'entrée du déambulatoire
est à la même hauteur que les arcades du choeur,
ce qui supprime un étage à partir de là,
celui des tribunes.
|
autel
St Sébastien...
|
Au
premier niveau du côté est, une élégante
arcade en tiers-point entoure un autel dédié aux
saints Sébastien et Roch encadrant Thomas de Cantorbéry.
Dans l'écoinçon, une rose remarquable, sculptée
en défoncement, avec un motif végétal en
forme de croix atteint à la perfection comme celles du
Mont-Saint-Michel. A l'étage au-dessus on retouve la même
disposition avec une balustrade en trilobes, des trèfles
dans les écoinçons, la même frise de quadrilobes
au-dessous, que dans la nef. La galerie de circulation, continue
d'ouest en est, passe ici au pied des grisailles chères
aux Cisterciens et devant une claire-voie, tout comme dans le
bras sud du transept.
|
De
façon générale, "le style est ici plus
avancé que dans la nef, avec tous les caractères de
l'école gothique normande dans son plein développement
: colonnettes alternées réunies par des gorges*,
chapiteaux aux crochets plus saillants, surmontés de minces
tailloirs circulaires avec un larmier*
formé d'un tore*
débordant sur une gorge, bases reposant sur des socles arrondis
ou polygonaux "comme elles.(P. Colmet-Daage) |
Le
transept sud vu du transept nord
|
Le
bras sud du transept est, dans son élévation,
comparable au bras nord mais au-dessous de la grande verrière,
il diffère beaucoup : d'abord un puits à margelle
rappelle les pélerinages des XIè et XIIè siècles;
profond de 9 mètres, son eau a été considérée
comme miraculeuse pendant des siècles. La
Vierge conçue sans péché a été
honorée ici bien avant le dogme de l'Immaculée Conception
(1854), et l'autel du côté est lui est consacré.
En arrière du puits, Monseigneur Guérard fit aménager
une sorte de chapelle grillagée dans laquelle sont conservées
les reliques de saints locaux, avec une liste inscrite au mur. Le
fond du transept, sous la grande baie du jugement dernier, se termine
par une double arcade ouvrant sur une chapelle dédiée
à St Jean l'Evangéliste, avec un autel du Sacré-Coeur
dans une absidiole à sept pans dont deux aveugles, comme
à St Etienne de Caen. Cette chapelle contient des vitraux
modernes, et les tombes de trois évêques : Mgr Guérard
en 1924, Mgr Louvard en 1950 et Mgr Wicquart en 1997. |
L'autel
N-D du Puits
|
Le
puits
|
Les
trois étages du transept sud
|
Un
pilier de la croisée
|
1er
étage
|
Vues
prises du premier étage de la tour centrale
|
encorbellement
|
vues
plongeantes
|
|
La
tour centrale ou tour- lanterne existait déjà
dans la cathédrale romane, avec pour mission d'éclairer
l'édifice, ce qui est une caractéristique de l'architecture
normande à la période romane : il en était
ainsi à Jumièges et, jusqu'en 1566, à St
Etienne de Caen avant son effondrement.
A Coutances, on a su être prévoyant en renforçant
les piliers de l'ouest (côté nef)
et
en concevant ceux de l'est, flanqués de colonnettes très
saillantes (34 par pilier) montant d'un seul jet jusqu'aux voûtes
: la base de la tour est le carré des piles
du transept mais, dès le premier niveau de la lanterne
on passe à l'octogone en construisant dans
chaque angle formé par les archivoltes* un "pendentif"
triangulaire en encorbellement dont chaque assise surplombe la
précédente. Ainsi la tour centrale apparaît
construite "dans le vide". Elle comporte trois étages
dont deux seulement sont visibles de l'intérieur (voir
abside) : au premier étage, une galerie de circulation
est ménagée entre le mur et une claire-voie à
seize arcatures, deux sur chacun des côtés, elle-mêmes
divisées en deux lancettes très élégantes
par une colonnette et deux arcs aigus. Cette
galerie communique sur chaque face de la tour avec un escalier
extérieur. Un élégant balcon, surmontant
une corniche
de crochets alternés, constitue la balustrade d'appui.
Au deuxième étage, une galerie semblable court à
la base de seize hautes fenêtres séparées
par des arcatures en tiers-point, deux par côté,
coiffées par les nervures de la voûte ogivale composée
de seize voûtains triangulaires, convergeant vers la clef
centrale annulaire percée en son milieu d'un oculus*.
On comprend la réaction de Vauban
venu visiter la cathédrale : "c'est un fou sublime
qui osa lancer dans les airs un pareil monument".
"Cette
construction est d'une élégance et d'une harmonie
qui la mettent au premier rang des tours-lanternes de Normandie."
(P.Colmet-Daage).
Le passage du carré (niveau humain) au cercle de l'oculus
(niveau divin) par l'octogone (le Christ) est très signifiant
de la foi chrétienne.
|
|
Vue
de l'oculus
|
|


La
merveille
|
Le
2è étage de la tour lanterne

|
clocheton
du croisillon nord
|
L'extérieur
:
les façades des croisillons* sont d'une grande simplicité.
La partie inférieure, saillante, comporte au nord la sacristie
surmontée de la salle capitulaire, et au sud la chapelle
Saint- Jean et ses absidioles. Au-dessus les trois lancettes des
fenêtres sont encadrées de deux baies aveugles et,
de part et d'autre d'une arcature les surmontant, deux charmants
clochetons, à deux niveaux au nord et un seul au sud, abritant
le haut d'un escalier en vis, de plan octogonal, sont couronnés
d'une flèche de pierre de même forme mais plus hautes
au sud.
|
"Le
plomb" vu
d'une flèche
|
croisillon sud
|
absidiole
du transept sud
|

le
transept nord
|
La
tour centrale vue de l'extérieur est déjà décrite
en page "abside". Ses quatre clochetons d'angle servent
à renforcer par leur poids le passage du plan carré
à l'octogone, et renferment en même temps des escaliers
en vis : remarquer l'élégance de la longue arcade
aveugle qui décore chaque face. Les anciens coutançais
nomment encore cette tour le dôme ou "le plomb"
car la couverture de sa toiture était faite de ce matériau
et refaite à l'identique après la guerre puisque les
bombardements de juin 1944 l'avaient mise en feu.
<-- Photos couleurs
DonatienRF
|
*
voir définitions ci-contre ou en page "glossaire" |
|
|
Textes
inspirés de P. Colmet-Daage et du Dr J. Fournée, |
|
|
à
retrouver en bibliographie. |
|
|
|
|