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Travaux
La cathédrale est ouverte tous les jours de 9h à 19h (18h l'hiver)

 

 

* prostration : dans le langage religieux, on utilise plutôt ce terme pour désigner la prosternation, la position allongée sur le sol, face contre terre, dans une attitude de vénération devant la grandeur de Dieu.
Théo


** presbyterium : l'évêque est aidé par les prêtres de son diocèse qui forment avec lui un collège du fait de leur ordination dans l'ordre du presbytérat. C'est le presbyterium

 

 

 


Des événements
A la demande de certains internautes, nous donnerons ici quelques événements, historiques, anciens ou récents, qui se sont déroulés dans ou pour ou près de la cathédrale de Coutances. A ce sujet, nous sommes demandeurs de documents qui relatent de tels événements, ou leurs références, afin d'apporter votre contribution pour enrichir le site. Merci d'avance de votre collaboration en nous écrivant (cathedralecoutances@free.fr).
Dates
sujet, évènement
Dates
sujet, évènement
1145-1182
 Richard l'Evêque, archidiacre à Coutances
août-septembre 2004
 2è partie des travaux: arcs-boutants
avant la Révolution
 une journée sous l'Ancien régime
novembre 2005
aménagement de la chapelle du baptistère
1833
 visite du Roi de France Louis-Philippe 1er à Coutances
mars 2006
 La Chapelle de la Réconciliation
hiver 1940-41
Témoignage d'un allemand
juin 2007
 L'ordination épiscopale de Mgr Stanislas LALANNE
juin 1943 
 liste de prêtres ordonnés
octobre 2008
Le 800e anniversaire de la cathédrale en page spéciale
juin 1944
 le bombardement de Coutances
mi-août 2010
 Festival La Gloire de Marie 2010
novembre 1957
la pose d'un nouveau coq sur la tour centrale
été 2011
Festival La Gloire de Marie 2011
juin 2003
 une ordination sacerdotale à la cathédrale
2008-2010
Travaux 2008-2010
février 2004
 "La cathédrale se refait une beauté"
29 avril 2012
Béatification Père P-A Toulorge
février 2004
 travaux sur le toit du chœur
été 2012
Festival d'été 2012
avril-mai 2004
avancement des travaux    
       

Concerts de l'été 2012 : La programmation était la suivante (les textes soulignés sont des liens):
  • jeudi 12 juillet : journée Bach consacrée à l'Art de la Fugue (détails : cliquez)
  • jeudi 19 juillet : concert d'orgue, Pascale Nollemans
  • jeudi 26 juillet : concert d'orgue, Saki Aoki
  • jeudi 2 août : concert d'orgue, Adrien Levassor
  • jeudi 9 août : concert d'orgue, Paul Goussot, "l'orgue dans un jardin anglais" (en liaison avec le colloque "jardin" organisé à Cerisy-la-Salle)
  • dimanche 12 août : musique médiévale autour du "Livre des miracles de Notre-Dame de Coutances", par l'ensemble "Le Lion Vert", direction Gérartd Laplanche
  • lundi 13 août : "Les Angélus", musiques des XIXè et XXè siècles (soprano, alto et orgue), avec Françoise Masset, Jean-Christophe Clair et Pascal Marsault.
  • mercredi 15 août : musique de la renaissance (Palestrina, Roland de Lassus), par l'ensemble vocal "Ludus modalis" (direction Bruno Boterf)   
Renseignements pratiques :
Tarifs : 12 juillet : Journée Bach : 14h-16h-18h
Par concert : Adultes 15 € / Adhérents : 13 € / 12-18 ans : 5 €
Forfait 3 concerts : Adultes 30 € / Adhérents : 25 € / 12-18 ans : 10 €
Récitals d'orgue : 19, 26 juillet 2 et 9 août - Entrée libre
Concerts 12 - 13 et 15 août :
Tarifs : Adultes 15 € / Adhérents 13 € / 12-18 ans 5 €
Forfait 3 concerts : Adultes 32 € / Adhérents 27 € / 12-18 ans : 15 €
RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS :
Office du tourisme de Coutances
Tél. 02 33 19 08 10 / Fax 02 33 19 08 19
accueil@tourisme-coutances.fr- 21h

29 avril 2012 : BEATIFICATION EXCEPTIONNELLE EN LA CATHEDRALE

DU PREMONTRE PIERRE-ADRIEN TOULORGE (1757-1793), martyr de la vérité.




Travaux 2008-2010

Deux ans après ceux du sud-est, ce sont les contreforts et arcs-boutants du nord-est qui sont restaurés avec d'abord le déplacement , du nord-est vers le sud-est, des échafaudages : non seulement les pierres étaient en mauvais état, mais aussi les toitures et charpentes du déambulatoire sont refaites. Un long chantier commencé donc en décembre 2008, comme prévu après les fêtes du 800 ème anniversaire de notre cathédrale gothique, devrait se terminer fin 2010. La mise en place de vrais vitraux suit dans le 2ème niveau du déambulatoire. Voir en page Travaux.

Voir un article de La Manche Libre du 7 mars 2009

  Photos Lemesle
février 2009
mars 2009

  3 juin 2007 : ordination épiscopale de notre nouvel évêque, Mgr Stanislas LALANNE
Photos du Diocèse prises par Jonathan MABIRE - Jacques GALLET - Jean Claude POULLAIN               
 Voir textes et légendes sur le
site du diocèse.

la porte Saint-Lô

entrée du futur évêque

Le presbyterium**

la prostration*

L'imposition des mains

par les 40 évêques présents

L'évangéliaire

La mitre

La crosse

Le baiser de paix par

tous les prêtres présents

Le 5 mars 2006 : La Chapelle de la Réconciliation
Le 5 mars 2006, au cours de la messe de 11h00, la Chapelle de la Réconciliation a été inaugurée. Désormais c'est là qu'ont lieu les permanences hebdomadaires du sacrement du même nom, les vendredis de 17h00 à 18h00.
L'artiste :
Monique MANSOIS

Photos Yann Caron
des ténèbres...
.... à la lumière
lors de la célébration, marche vers la Chapelle de la Réconciliation, bénite et offerte en image

Les autorités du jour



Photos A. Lemesle


novembre 2005 :

début de l'aménagement de la Chapelle du Baptistère en celle de La Réconciliation : des fresques viendront occuper chaque arcade

de gauche...

Photos Lemesle

"La cathédrale se refait une beauté"  (Extrait de Ouest-France du jeudi 5 février 2004) février 2004

Février 2004 : Des travaux importants commencent à la cathédrale. La toiture haute du chœur va être refaite. Les arcs-boutants devraient être restaurés dans un 2è temps. La pose des échafaudages a débuté, elle va durer un mois.
Des travaux d'entretien et de restauration de la cathédrale ont débuté cette semaine. Il s'agit pour l'instant de poser les échafaudages. Quatre semaines seront nécessaires à leur installation. Les entrepreneurs entreront ensuite dans le vif du sujet. Une première tranche de travaux, d'une durée de 10 mois, prévoit de refaire la toiture haute du
chœur, les chêneaux et les balustrades hautes.

Ces travaux font suite à l'étude menée en septembre 2000 par Patrice Calvez, architecte en chef des Monuments historiques. Une deuxième tranche (conditionnée au financement) prévoit de restaurer les volées sud-est des arcs-boutants. Elle doit durer 12 mois. Ce qui fait au total 22 mois de travaux en perspective."La partie délicate consiste à mettre en place des échafaudages. Nous installerons ensuite un parapluie au-dessus du chœur", indique Stéphane Sacco, le directeur de l'entreprise Bodin, une entreprise de Valognes spécialisée en maçonnerie et en taille de pierre sur les monuments historiques. Bodin interviendra avec deux autres sociétés. Asselin et la Falaisienne, de couverture. Elle était déjà intervenue après la tempête de 1999. "Le propre de notre métier est de faire un travail qui ne se voit pas", poursuit Stéphane Sacco. "On remarque les échafaudages, mais une fois qu'ils sont enlevés, on ne sait plus ce qui a été fait". Enlever la mousse, remplacer des ardoises, des joints et des pierres sont néanmoins autant de travaux indispensables à la bonne santé de l'édifice."


Photos JCL

avril 2004
Les travaux avancent,
le toit du chœur est presque entièrement recouvert par un autre pour le refaire intégralement. Au fur et à mesure des échafaudages, l'architecte s'est rendu compte de l'état de délabrement de tous les arcs-boutants qui devront donc être restaurés également.
Un autre échafaudage monte le long du portail nord pour refaire sa toiture entièrement dévastée lors de l'effondrement d'une "fillette" de la flèche nord, par la tempête de décembre 1999.

28 mai 2004 Visite du chantier avec Monsieur CALVEL, architecte

avec Mr LAMY, maire de Coutances

août 2004
Cette première tranche de travaux (sur 8 espérées si les finances suivent...), d'un montant de 800 000 euros , se continue en septembre 2005 : après réfection de la charpente, de la toiture du chœur, de balustrades dont la pierre était rongée, puis de la toiture de l'hémicycle, d'une tourelle de contrefort , ce sont les arcs-boutants qui sont refaits du sud vers l'est, les échafaudages étant déplacés de 2 volées d'arcs à chaque étape
février 2005
septembre 2005 
Février 2005 : fin des travaux sur le chœur, non prolongés pour manque de crédits. La charpente et la toiture du Chœur ont été entièrement restaurés, ainsi que des balustrades de l'hémicycle et une tourelle.

Photos JCL    Février 2005
Septembre 2005 :suite de la restauration des volées sud-est des arcs-boutants.

Photos JCL    septembre 2005

dimanche 29 juin 2003 : une ordination sacerdotale à la cathédrale
La Cathédrale, siège de l'évêque, est le lieu le plus significatif pour conférer le sacrement de l'ordre. L'ordination sacerdotale reste un événement exceptionnel dans la vie d'un diocèse, source d'une grande joie aussi bien pour l'évêque que pour ses prêtres et pour tout le peuple chrétien. Elle se célèbre d'ordinaire au mois de juin, autour de la fête des saints Pierre et Paul, ces " colonnes" sur lesquelles est fondée l'Église.
Les ordinations sont devenues rares dans notre vieille Europe : aussi chacune d'elle donne-t-elle lieu à une célébration des plus festives, avec grande affluence de prêtres et de chrétiens. Les rites en sont très suggestifs, qu'il s'agisse de la réponse de l'ordinand à l'appel que lui adresse l'évêque, de sa prostration* pendant la grande prière d'imploration, ou de l'imposition des mains par l'évêque, qui signifie l'emprise de l'ordinand par l'Esprit Saint et sa mise à part pour le service de l'Église. Très significatif aussi que ce geste soit repris par chacun des prêtres pour exprimer son entrée dans le presbyterium*.
Pascal Langeard est devenu prêtre à 41 ans, après quinze ans de travail professionnel et six années de formation au Séminaire de Caen.
L'ordination vue d'en haut :                          Photos Yves et Sylvie RF    

L'appel de l'évêque :

"Me voici"

des prêtres du diocèse

l'homélie de l'évêque

Pendant le chant de...

... la litanie des Saints :

la prostration*

imposition des mains ...

... d'abord  par l'évêque

puis par le presbyterium*

des prêtres présents.

l'engagement

fin de la célébration

la sortie
L'ordination vue d'en bas :                                   Photos JCL

novembre 1957
Sur le haut de la tour centrale, la pose d'un nouveau coq - girouette en 1957, est assurée à l'époque par l'équipe de DAGAND et SEVES dont faisait partie un coutançais Aimable MICHEL ainsi que ses compagnons de travail.
Pour information : la taille du coq est de 1m60 d'envergure du bec à la queue et d'une hauteur de 1m55. Sa fabrication est peut-être due à l'atelier de cuivres de Villedieu-les-Poëles : qui saurait nous en dire plus ?
 
le nouveau coq
©FamilleMICHEL
la cérémonie pour le coq
7 novembre 1957
la cérémonie pour célébrer l'installation du nouveau coq (réalisé par les ateliers de cuivre de Villedieu-le-Poëles ??)
l'équipe Dagand et Sèves
©FamilleMICHEL
 

Juin 1944 : le bombardement de Coutances

 

 

 


 

 

 

Photos de 1944

 

 

 

 


***
"La libération du pays de Coutances" 1994,
, réédition par l'imprimerie Claude Bellée, à Coutances, d'un livre publié en 1950 par l'imprimerie Leclerc de Saint-Lô.

Extrait de "La libération du pays de Coutances", par le Père Georges CADEL(1994)***:

PREMIER BOMBARDEMENT (soir du 6 juin) : "Le soir, vers 8 heures, chacun se retrouve chez soi pour le repas. Au Grand Séminaire, dans le réfectoire, le lecteur continue l'Histoire du Christianisme de Dom Poulet, au moment du récit de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 : "...du côté musulman 160.000 hommes et une flotte de 350 navires, du côté byzantin quelque 9.000 défenseurs... Bientôt l'infernal bombardement de quatorze batteries ébranle les remparts..."
Juste à ce moment, un craquement terrible se fait entendre. Tout s'ébranle, les vitres volent en éclat, des pierres tombent dans la cour... Des explosions violentes se succèdent.
Il est 8 heures 15. C'est la première chute de bombes, qui vient de se produire sur la ville.
La formation d'avions s'éloigne... La sirène d'alarme, qui si souvent dans le passé s'était fait entendre, n'avait même pas de son cri lugubre annoncé leur arrivée. Sans doute à cause du manque d'électricité...
Fuyant la ville, les gens courent affolés, des enfants dans les bras ou une valise à la main. Ils vont se réfugier au bois des Vignettes, à l'Ecoulanderie, à la Mare, aux Sapins...
Un quart d'heure plus tard, le vrombissement des lourds bombardiers, qui avait diminué, reprend toute sa force. Des appareils vont survoler à nouveau Coutances... Deux petits jets de fumée s'échappent de l'un d'eux et l'on voit se détacher de l'escadrille des masses fuselées, qui tombent avec un bruit d'enfer...
Après une courte accalmie, une troisième vague de forteresses survient. Mêmes jets de fumée précédant le lâcher des bombes. Puis de nouvelles chutes. C'est "la mort qui tombe du ciel".
Dans les rues, chacun se réfugie sous un porche, se plaque à terre ou contre les murs, pour éviter les éclats et le souffle des explosions...
Les conséquences du raid sont terribles. Du nord au sud, la ville est ravagée...
Il n'y a malheureusement pas à déplorer que des ruines matérielles. Dans les rues et sous les décombres gisent de nombreux morts et blessés.
Au seul couvent du Sacré-Cœur, une douzaine de religieuses, dont la mère générale et la sœur économe, sont sous les débris de leurs bâtiments. Deux novices seulement en seront retirées vivantes...
Nul ne prévoyait une telle hécatombe. Les "équipes d'urgence" sont débordées...
Pendant que tombe la nuit et que se poursuit l'exode de la population vers les campagnes environnantes, on transporte les blessés sur des civières...
Tous ont grand mal à passer à travers les amas de pierres qui encombrent les rues pour parvenir jusqu'aux postes de secours et à la clinique du docteur Guillard. Les blessés les plus gravement atteints seront descendus sur des volets, des brancards ou à dos d'homme jusqu'à l'hospice, transformé en hôpital...
...Les morts sont rangés sur le bord des rues. Personne n'a, pour l'instant, la possibilité se s'en occuper davantage. En même temps que les blessés, il faut chercher les vivants enterrés dans les caves...
On s'y emploie avec ardeur à la lueur sinistre des incendies. La gare brûle comme une torche. Provoqué par l'explosion d'un camion militaire chargé d'essence, le feu est au carrefour de la route de Lessay. La maison... où se trouvait la Kommandantur est la proie des flammes. Sans doute, en partant, les Allemands y ont-ils mis le feu pour détruire les archives et documents qu'ils ne pouvaient emporter...

NOUVEAU BOMBARDEMENT (nuit du 6 au 7 juin) : Mais vers minuit, il faut cesser tout travail. De nouveaux avions arrivent, envoient des fusées éclairantes, et, frappant en piqué, s'acharnent sur Coutances. Ils semblent n'avoir plus d'objectif bien précis et vouloir tout détruire.
Le bombardement, moins massif que le premier, dure beaucoup plus longtemps. La répétition des coups produit une impression de grande violence... Tout paraît devoir s'écrouler. Jusque dans les caves, on sent le souffle des explosions...
A l'Hôpital, chaque chute de bombes redouble la terreur des blessés, surtout de ceux qui viennent d'être retirés de sous les décombres. Un prêtre leur donne l'absolution générale, leur fait chanter le cantique Vierge, notre espérance, étends sur nous ton bras... Avec quel cœur ces invocations à la Sainte Vierge, la patronne de Coutances, sont-elles reprises !
Le bombardement semble interminable... Pour comprendre tout le tragique de la situation, il faut entendre dans la nuit s'élever de terre les appels désespérés des moribonds et des blessés, ensevelis vivants, que l'on a été obligé d'abandonner. Hélas, quand le nouveau raid d'aviation se termine, les plaintes qui montaient de certaines caves, maintenant une seconde fois éboulées, se sont tues...
Toute la nuit, les avions continuent à "randonner".

Après ces deux premiers bombardements, "il est facile de se rendre compte des dégâts causés... par les 250 avions qui, selon la radio anglaise, sont venus sur Coutances. Du Pont-de-Soulles à la Croix-Quillard - y compris les extrémités des routes de Saint-Lô et de Périers - toute la périphérie et de nombreux quartiers de la ville ont été criblés de bombes.
Le Palais de Justice et la gare n'existent plus. Le collège de filles est complètement en ruines; l'église Saint-Nicolas bien abîmée. La chapelle de la Maison des Œuvres a perdu sa façade. La prison a une aile effondrée. Les rues Gambetta, d'Egypte, et le carrefour de la route de Lessay sont ravagés par l'incendie. Des maisons écroulées barrent les rues Saint-Nicolas et Geoffroy-de-Montbray. L'imprimerie Notre-Dame, prise sans doute par les avions pour une usine, a été particulièrement touchée... D'énormes entonnoirs se voient un peu partout dans les secteurs bombardés. Plusieurs coupent le boulevard Alsace-Lorraine... Une auto a été projetée sur le toit d'une maison rue Tourville, un arbre sur le grenier du presbytère Saint-Nicolas, une vache au sommet d'un arbre sous le cimetière Saint-Pierre...
Seul a été à peu près épargné le quartier situé au centre de la ville, entre la cathédrale, l'église Saint-Pierre et le jardin public...
L'attaque de la nuit a été moins meurtrière que celle de la veille au soir. Elle a fait cependant d enouvelles victimes : des parents ont été blessés avec leurs quatre enfants dans la cave de leur habitation; ils ont vu dans la nuit mourir l'une après l'autre, à bout de sang, leurs trois jeunes filles et ils assisteront pendant une semaine à la lente agonie de leur jeune garçon...
Les blessés reçoivent les premiers soins des docteurs Piel, Fauvel, Imbert assistés à l'hôpital par les religieuses Augustines, des sœurs du Sacré-Cœur et des infirmières bénévoles. Les docteurs Livory et Guillard y font des opérations.
Mais bientôt, après les blessés, arrivent les morts : cadavres sanglants et tuméfiés d'hommes, de femmes et d'enfants innocents qu'il faudra identifier; Beaucoup devront porter la mention "inconnnu". Des erreurs auront lieu : un père retrouvera vivante dans les ruines sa fille qu'il avait identifiée dans les corps trois jours auparavant...

BOMBARDEMENT INCENDIAIRE DU 14 JUIN : Dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14, les quelques Coutançais restés en ville essayent de se reposer dans les caves, malgré le passage et les attaques ordinaires des avions... Mais vers une heure du matin le bruit prend une violence inaccoutumée...
Les avions volant très bas lancent bientôt à la fois mitraille, bombes explosives et plaquettes incendiaires... Le carnage dure, se prolonge... Les oiseaux de mort passent alternativement d'un côté puis de l'autre de la cathédrale.
Deux bombes tombent dans le jardin de l'évêché, plusieurs autour de la clinique du docteur Guillard. Cinq toucheront les cours et les jardins de l'hôpital; d'autres la maison de Saint-Vincent, où une cantine était installée depiuis quelques jours...
Toute la ville est en feu. La façade de la cathédrale est illuminée de chaque côté par les brasiers que forment les Nouvelles Galeries et la pharmacie Laforest. Les flammes viennent lécher les tours.
Bientôt le dôme de la cathédrale, qui faisait l'admiration de Vauban, est lui-même en feu : heureusement l'incendie n'y consume que la toiture (en plomb) avec sa charpente et le plancher de la chambre supérieure. On retrouvera plus tard là-haut, dans un chéneau, une enveloppe de bombe pesant à elle seule 45 kilos...
Aux premières lueurs de l'aube, les flammes jaillissent du toit de l'évêché. Le temps d'alerter, de faire sortir tout le monde, et le faîtage tout entier est atteint. Monseigneur l'Evêque quitte la cave, où il reposait tout habillé. Il gagne le square de l'abside de la cathédrale, pour se réfugier dans les anciennes caves... Presque rien ne sera arraché au sinistre. Vers 9 heures et demie, le feu finira de consumer au rez-de-chaussée les belles boiseries du XVIIIè siècle et les portraits des évêques de Coutances...
Dans toute la ville, c'est le sauve-qui-peut général... On descend rapidement à l'hospice les malades jusqu'alors soignés à la clinique...
L'hospice-hôpital doit être évacué lui aussi pour Coutainville-plage, à une dizaine de kilomètres à l'ouest. En vingt-quatre heures ... plus de 400 malades et blessés sont transportés dans les villas du bord de la côte.

L'AMOUR DES COUTANCAIS POUR LEUR CATHEDRALE : Durant cette triste époque, se manifeste d'une manière touchante l'amour des Coutançais pour leur Cathédrale. Dès la nuit qui suit le premier bombardement, un blessé, retiré des ruines de la prison, est tout consolé dans un poste de secours d'entendre sonner l'heure à ses tours. "Au moins la Cathédrale n'a pas dû être bien touchée : son horloge sonne encore" disait-il.
Durant les bombardements suivants, de nombreux réfugiés des hauteurs environnantes, regardaient au clair de lune les avions piquer sur Coutances. Ils se demandaient sans cesse avec angoisse si la Cathédrale allait être atteinte. Ils la contemplaient spécialement durant la nuit du 13 au 14 juin, se détachant sur le ciel, non plus illuminée brillamment par les projecteurs électriques comme aux fêtes du millénaire, en 1933, mais éclairée par les lueurs sinistres de l'incendie qui dévorait les maisons voisines.."

Un autre témoin, Charles Mahias, dans "Le Martyre de Coutances"*** rapporte au sujet de la cathédrale : "Sur les portes de l'admirable œuvre d'art, la peinture fondait, se gonflait en cloques prêtes à s'enflammer. Les toits supportés par d'antiques charpentes, par conséquent d'un bois très sec, auraient pu flamber comme des allumettes. Une bombe écrasa l'entrée du portail (sud) abîmant les colonnettes d'une des tours. D'autres avaient défoncé le Parvis Notre-Dame. Le miracle s'opéra. La cathédrale échappa au désastre. Une étincelle mal placée aurait tout changé. Fait extraordinaire : le toit de plomb de la tour-lanterne, à cinquante ou soixante mètres du sol, fut atteint par on ne sait quoi. Bombe incendiaire ou éclat de bombe, le mystère demeure. Il fondit et la charpente flamba. Une couronne de flammes illumina l'édifice tout entier. Elle s'évanouit lorsque tout le bois fut consumé."

Deux mois plus tard, une mince fumée s'élevait encore au-dessus de la ville.


1943 :
Ci-contre, une image souvenir d'une ordination de 16 prêtres dans la cathédrale il y a 67 ans, puisque du jour de la fête des SS. Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin 1943. (2 vues agrandissables en cliquant)

hiver 1940-41
gravures de
auteur : Gérigné

Un citoyen allemand, Jörg Ehlert de Lunenbürg que nous remercions vivement, nous partage des photos prises par son père l'hiver 1940-1941 alors qu'il était enrôlé comme soldat de la Wehrmacht et résidait à Coutances .
C'est également lui qui nous fait partager les gravures ci-dessus de Ch. R. de Gérigné, des années 1940, parues en teinte bistre en mini album.



1833 : visite du Roi de France Louis-Philippe 1er à Coutances :

Imprimerie J.V. Voisin, Coutances

"Le roi des Français régnait depuis trois années. Du 1er au 5 septembre 1833, Louis-Philippe ier et la reine Marie-Amélie firent un séjour à Cherbourg pour visiter la digue et accueillir le navire qui portait l'obélisque de Louxor qui serait installé à Paris. Ce fut l'occasion de visiter les villes de la Basse-Normandie.
... Après des péripéties de changement de date, "Le roi, cédant aux instances qui lui ont été adressées, se rendra à Coutances et Granville" : le roi partira de Granville le 31 août, passera par Coutances et la Fosse-près de Marigny- et il ira coucher à Saint-Lô. A Coutances, il passera en revue les troupes de la Garde Nationale de l'arrondissement, soit 21 bataillons réunis sur la place Duhamel (on a du abattre les arbres de la place !!). On nettoya, déblaya les rues, construisit des arcs de triomphe aux entrées sud (Granville) et nord (Saint-Lô)...Cela coûta 4 676,78 F aux Coutançais, avec les illuminations, le pavoisement des rues et le traditionnel feu d'artifice !."


Programme arrêté par le maire de la ville de Coutances à l'occasion du passage de Sa Majesté dans cette ville, le 31 août 1833 :

"Le Maire de Coutances, heureux de confirmer à ses concitoyens la nouvelle du prochain passage du Roi dans cette ville, et désirant les mettre à portée de concourir tous à préparer à Sa Majesté une réception digne d'elle, et en harmonie avec les sentiments de la population,
A arrêté le programme suivant :
Article 1er : Le 30 Août, à sept heures du soir, une salve d'artillerie et le son des cloches annonceront l'arrivée de Sa Majesté pour le lendemain.
La retraite sera battue le même jour, à huit heures du soir.
Art.2. Le lendemain, à la pointe du jour, les tambours battront, et les clairons sonneront la Diane. Les habitans* de Coutances sont invités à pavoiser leurs maisons des couleurs nationales, dès huit heures du matin.

Art.3. Sa Majesté fera son entrée, à Coutances, par la route de Granville, le 31 Août; son arrivée sera annoncée par une salve d'artillerie et le son des cloches.
Le Maire, ses Adjoints, et le Conseil Municipal, escortés d'un détachement de la Garde Nationale, se transporteront sur la limite de la Ville, pour y attendre le Roi.
Art.4. Sa Majesté se rendra à son Palais, par les rues du Pont de Soule*, des Teintures, du Calvaire, du Pilori, de la Grande-Rue, et de l'Evêché.
La Garde Nationale bordera la haie depuis l'arc de triomphe du Pont de Soule jusqu'au Palais où Sa Majesté sera attendue par un Piquet d'honneur.
...
Art.7. Dans le cas où Sa Majesté voudrait bien visiter les Monuments et Etablissements publics de Coutances, elle se rendrait à la Cathédrale, par la rue de l'Evêché, au Palais de Justice, par la Grande-Rue, la rue Nieulen et la Basse-Rue; ensuite par les Boulevarts*, à la Maison centrale de détention, et enfin à l'Hospice, en suivant les boulevarts et passant par les rues Caco, du Calvaire et des Teintures.
Cette visite terminée, elle rentrerait à son palais par les rues des Teintures, du Calvaire, des Cohues, du Jeu-de-Paulme, Saint-Dominique, Grande-Rue et rue de l'Evêché.
...
Art.9. En signe de réjouissance du Passage de Sa majesté, il sera donné par la Ville de Coutances, dans la Salle de Spectacle, un Bal, auquel seront invitées autant de personnes que le local pourra en contenir.
Ce Bal sera terminé par une quête en faveur des pauvres.
Art.10. A neuf heures, il y aura Feu d'artifice sur la Place Duhamel.
Les Edifices publics seront illuminés; les habitans seront invités à illuminer leurs maisons.
L'illumination générale sera annoncée par le son des cloches.

...
Fait et arrêté à l'Hôtel de Ville de Coutances, le 27 Août 1833.     Le Maire de Coutances, LE PESANT.

NDLR : les parties soulignées indiquent la participation des églises et de la Cathédrale en particulier à cette venue, ou le sens chrétien de certains gestes.

 

* sic : habitans, Soule, ... sont écrits ainsi dans le texte

Sous l'Ancien Régime, avant la Révolution :

Une journée liturgique à la cathédrale
par le chanoine J. Toussaint (Coutances pendant la Révolution,1973, Arnaud-Bellée imprimeur)
«Deux rites s'appellent et se complètent l'un l'autre : l'office choral et la messe. Les grandes et petites heures qui précèdent le Saint Sacrifice de la Messe, le cœur de la vie de prière, appelé plus spécialement la liturgie, en sont la préparation
; celles qui la suivent en constituent l'action de grâces.
Il faut - pour comprendre ce déploiement culturel : ces chants alternés d'hommes et d'enfants, ce jeu des instruments de musique et des grandes orgues, la somptuosité des vêtements et les mouvements rythmés des déplacements dans le parfum des encensoirs,- se remettre dans une civilisation où la foi était forte, où l'exercice de la prière commune était considérée comme une fonction sociale et comme une délégation de l'assemblée des fidèles; où le culte divin passait au premier plan des préoccupations de la cité et méritait l'oblation d'un temps considérable.
La cathédrale ouvre tôt ses portes : le coustour (coûteur) de semaine en permet l'accès à 4 heures en été et à 5 heures en hiver.
On vivait alors beaucoup au rythme scolaire, plus qu'aujourd'hui, dès que le soleil - le grand régulateur providentiel - avait répandu ses premières lueurs et si le soir on terminait plus tôt le travail on l'entamait aussi beaucoup plus tôt le matin, avide qu'on était de profiter de la vraie lumière de la nature.
Et, tout de suite, la prière liturgique prenait son élan par le chant des Matines, ou dans les premiers rayons de l'aurore, l'été ou dans la nuit mouchetée des petites flammes des bougies, l'hiver.
Le chœur s'est rempli peu à peu : les vicaires du grand autel, au nombre de six, les prêtres habitués, quatorze s'ils sont au complet, quelques-uns des trente-six chapelains, dont la fonction est cumulée d'ordinaire avec d'autres : et un certain nombre de chanoines, dont le collège complet compte vingt-six membres, mais dont beaucoup sont dispensés, par leurs fonctions, de l'assistance à l'office divin. L'heure nocturne de Matines comporte essentiellement-après le chant initial de l'Invitatoire et de l'hymne- trois nocturnes composés chacun de trois psaumes reliés par des antiennes et de trois leçons.
Les chants sont animés par toute l'assistance divisée en deux chœurs, mais spécialement par les choristes.
Les leçons étaient lues au Jubé, sur l'unique pupitre médian... Les deux grands enfants de chœur, après avoir étalé le bréviaire et allumé les bougies, lisaient les deux premières leçons, la troisième l'était par un habitué désigné; au second nocturne, un habitué distingué et un chapelain se partageaient les trois autres leçons, les trois dernières revenaient à l'habitué qui faisait diacre, au vicaire officiant et finalement au chanoine désigné à la table de chœur...
 A l'office pontifical, le plus solennel, le Seigneur Évêque chantait la grand'messe, il présidait aussi l'office, et c'est en sa présence que se déroulaient à l'heure habituelle, les prières des Matines, où les leçons étaient lues par sept chanoines, la huitième par le Grand-Chantre, et la neuvième et dernière par le Seigneur Évêque lui-même.
Les répons sont chantés au lutrin (le Moyse) par deux enfants ou choristes, trois habitués, trois chapelains, trois chanoines. Les versets sont chantés par les enfants de chœur, et le répons poursuivi par le chœur entier. Aussitôt après les Matines, commençaient les messes matinales célébrées par les chapelains par contrat, dans tout le pourtour du chœur, et les bas-côtés garnis de petites chapelles, moyennant une petite rente de fondation et à des dates fixées... Le prêtre-sacristain veillait à ce que la première messe ne fût célébrée qu'à six heures du matin l'été, à sept l'hiver, la dernière à onze les jours ouvriers, et à midi les dimanches.
 Les clercs de la psallette -six en tout- dont la maison est toute proche de la cathédrale(à l'actuel secrétariat) assistent cet office matinal et y tiennent leur rôle. Entrés par la petite porte sud (St Joseph)au deuxième son de l'heure nocturne, ils vont prendre place au chœur ... sur leur "scabeau" après avoir récité Pater et Ave : il leur revenait de remplir les fonctions d'acolyte, et thuriféraire, mais aussi de chanter les versets, répons et antiennes, de lire au jubé, de mêler la fraîcheur de leurs jeunes voix au concert plus rugueux des voix des chanoines et autres choristes.
Le chant solennel de Laudes suivi de Prime était achevé vers les huit heures, et jusqu'à neuf heures il y avait un temps de repos et de silence au chœur. On pouvait insérer là l'office des défunts pour un membre du clergé.
 Et, avec tierce, qui précédait la messe de neuf heures et demie, se ressoudait la chaîne de la louange divine.
La grand'messe était célébrée par le vicaire semainier les simples féries, mais le Seigneur Évêque présidait lui-même les offices solennels : Circoncision, Épiphanie, Purification, Annonciation, Pâques, Trinité, Saint-Sacrement, Dédicace, Assomption, Nativité de la Vierge, Saint-Lô, les Saintes Reliques, la Toussaint, le Jour des Morts, la Conception, Noël, les Cendres, les Rameaux et les jours de la Semaine Sainte. L'évêque est alors assisté de deux chanoines qui sont alors les choristes... Le Sermon est donné par le chanoine théologal tous les dimanches et fêtes.
 Le chant de Sixte se greffe immédiatement sur l'Ite missa est, et termine les prières de la matinée.
Le bon ordre et la police sont assurés par les couteurs : ils interdisent aux hommes et aux femmes d'entrer dans le chœur pendant l'office, de faire régner le silence. Baguette en main,... ils se tiennent à l'entrée du chœur, sous le jubé,; conduisent ou reconduisent les officiers qui quittent le chœur; mènent les prédicateurs à la chaire... Ce sont les sonneurs de offices : la meute un demi quart d'heure; les pardons du midi et du soir quart d'heure. Ils sont portiers...
Les offices de la relevée étaient moins absorbants que ceux de la matinée : vers trois heures de l'après-midi, les chanoines et autres se retrouvaient à la cathédrale pour le chant de None et de Vêpres, l'une des grandes offices...
Les jours solennels, on chantait en faux-bourdon les premier, troisième et cinquième psaumes; on y ajoutait quelque motet en polyphonie et les versets de l'Office ornés parfois de fleuretis par les choristes.
 Les enfants chantaient en l'honneur de la sainte Vierge et, entre Vêpres et Complies, chaque samedi, une procession en l'honneur de Notre-Dame se déroulait autour du chœur et jusqu'à son autel.
  Aux jours solennels, les huit dignitaires portaient, dès le dix-septième siècle, des soutanes rouges, et les autres chanoines la soutane violette : une gamme colorée de huit dignitaires en soutane rouge, vingt-six chanoines en soutane violette, cinquante-sept autres, au maximum, en soutane noire et surplis, les chamarrures du suisse et des trois bedeaux, devait composer une chaude harmonie de tons, dont le chant éclatant s'unissait à celui de la chorale, des instruments et des grandes orgues pour la joie des jeux, des oreilles et de l'âme tout entière.
  A la fin du jour, la prière du soir de Complies mettait un terme à cette louange qui, comme la fumée des encensoirs, s'élevait parfumée, vers le ciel, au long des jours... A sept heures le son du couvre-feu invitait les ménagères à ramasser les tisons sous les cendres... Le couteur fermait les portes...»


1145-1182 : Maître Richard l'Evêque, archidiacre à Coutances
par Catherine JACQUEMARD, Université de Caen, in "Cahier des Annales de Normandie", n°32, 2002

"Le manuscrit Avranches BM 235 rapporte, au folio 47, une brève note sur des mesures de la hauteur méridienne du soleil à Coutances, aux équinoxes et aux solstices : "A l'équinoxe de printemps, le 21 mars, à midi la hauteur du soleil à Coutances est de 45°..." Or, il se trouvait à Coutances, au moins vers 1159, un clerc susceptible de s'intéresser aux sujets traités dans Avranches BM 235 : Richard l'Evêque, archidiacre à Coutances, qui devint plus tard évêque d'Avranches. Il avait été le maître de Jean de Salisbury qui l'évoque dans le Metalogicon II, 10 rédigé en 1159 : "...je m'attachai à Richard, surnommé l'Évêque, un homme qui n'ignorait presqu'aucune discipline, et qui avait plus de cœur que d'apparence, plus de science que de faconde, plus de vérité que de vanité, plus de vertu que d'ostentation et tout ce que j'avais écouté auprès des autres, je le relus avec lui...".
Richard l'Évêque a enseigné la philologie, grammatica, mais aussi le quadrivium - arithmétique, géométrie, musique, astronomie-, domaine dans lequel ses compétences semblent avoir été plus grandes que la norme. Ses qualités intellectuelles et morales lui méritent à deux reprises un émouvant hommage de la part de son ancien élève Jean de Salisbury qui l'associe, dans son souvenir, à l'école de Chartres avec Guillaume de Conches, qui fut lui-même disciple avec Richard de Bernard de Chartres : mais Richard l'Évêque était plutôt un maître parisien réputé entre les années 1141 et 1146-1147 qu'enseignant à Chartres.
Sans doute renonça-t-il à sa carrière d'enseignant
puisque sa présence comme archidiacre à Coutances est bien établie vers 1155. La charte d'Algare, évêque de Coutances, mentionne vers 1140 un Richard "archidiacre des îles". Aurait-il trouvé un refuge à la cour des ducs de Normandie, vaincu par la vindicte de ses collègues ? Les sources anciennes, en particulier les chartes de Roger de Bohon qui fut évêque de Coutances de 1151 à 1159, attestent avec certitude la présence à Coutances d'un archidiacre nommé Richard dès 1154.
En 1159, un bref du pape Adrien IV confie à maître Richard l'Évêque de trouver une solution à un différend entre les religieux de Montebourg et ceux de Saint-Côme, dépendant de Cluny, à propos de l'église de Morsalines (canton de Quettehou, Manche) : on voit quelle estime était portée à Richard !
"Il étoit aussi fort docte en Théologie qu'au Droit : il excelloit en l'une & l'autre science, ce qui lui acquit un tel crédit que le pape Alexandre III ...luy députa comme mission un procez entre l'Abbé de St Vincent de Senlis & un nommé Garnier Prêtre", suite à l'intervention de l'évêque d'Auxerre auprès du Pape Alexandre.

Une lettre de Jean de Salisbury à Richard l'Évêque le fait entrevoir non plus occupé par la gestion courante du temporel de l'Église, mais poursuivant une activité intellectuelle soutenue, accordée à sa formation passée; Jean de Salisbury, qui compte parmi les grands intellectuels de son temps et montre une familiarité exceptionnelle avec Aristote, n'hésite pas à recourir aux conseils de lecture de Richard l'Évêque et cherche à se procurer auprès de lui des œuvres qui lui font défaut : un rôle prépondérant dans la connaissance et la diffusion de la nouvelle littérature aristotélicienne au Mont Saint-Michel suppose, autour de Richard, un centre précoce d'exégèse aristotélicienne. Le début de cette lettre constitue une allusion sans ambiguïté à l'exil de Thomas Becket et de Jean de Salisbury : il faut comprendre que Jean prie Richard de trouver pour lui une manière honorable de rentrer en grâce auprès d'Henri II de Plantagenêt. Quelle était donc la situation de Richard à la cour de ce roi pour que Jean ait pu espérer de lui une intervention efficace auprès de ses adversaires ?
Richard l'Évêque, une fois devenu archidiacre à Coutances, a donc continué à approfondir les sciences profanes qu'il avait enseignées auparavant. A-t-il présidé aux mesures de hauteurs méridiennes du soleil recopiées dans Avranches BM 235, d'où pouvaient être déduites la latitude de Coutances ou la date exacte des équinoxes et des solstices ? Les résultats enregistrés plaident en sa faveur.

Richard fut promu évêque d'Avranches très peu de temps avant ou après l'assassinat de Thomas Becket, dans un contexte difficile, sans doute vers 1170. C'est le 29 décembre 1169 que Thomas Becket se fait assassiner par quatre chevaliers dans sa cathédrale de Canterbury, à la suite d'un violent accès de colère d'Henri II. Richard bénéficiait-il à la fois de la confiance d'Henri II et du clergé normand ?
En 1172, la ville d'Avranches est choisie à deux reprises pour abriter des événements d'importance : la pénitence publique d'Henri II en mai, et le concile des évêques anglo-normands en septembre en présence du roi.
Une charte de Richard lui-même, devenu évêque d'Avranches, rappelle les transactions préalables à la fondation de La Lucerne et passées en sa présence quand il était archidiacre de Coutances. Une donation de Guillaume de Saint-Jean à l'abbaye de La Lucerne est enregistrée en 1175.
Le sceau de Richard III, évêque d'Avranches est décrit ainsi : "sceau ogival, en cuvette, de 67 millimètres. Archives de la Manche, Abbaye de La Lucerne. Évêque debout, mitré,crossé, bénissant."

Richard l'Evêque, disciple de Bernard de Chartres, maître fameux dans le quadrivium, archidiacre à Coutances, puis évêque d'Avranches, entretenait des relations d'estime avec Robert de Torigni. Il aurait pu être le vecteur de transmission qui a fait aboutir à la bibliothèque du Mont le corpus scientifique recopié dans le manuscrit Avranches BM 235.

Robert meurt vers 1182-1183, mais il y a incertitude sur la date exacte de sa mort."

Catherine JACQUEMARD
NDLR : extraits


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